Terrains d'aventure

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A propos[modifier | modifier le wikicode]

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  • Un terrain d'aventure, c'est une friche, un terrain vague ou un espace vert qui prend forme au rythme de l'imaginaire des enfants.


« L’étymologie la plus admise du mot friche est le néerlandais versch ou virsch, qui signifie frais, nouveau. Utilisé avec le mot lant, terre, il désigne une terre gagnée sur la mer en l’endiguant[1]. On trouve aussi le latin fractitium, champ labouré pour la première fois, de fractum, briser[2], que l’on peut sans doute rapprocher de friable et effriter. Il y a encore le latin frango, briser au sens de briser les mottes, labourer[3]. On arrive par ici au fragment qui vient de frangere, briser. »

— Dérive zonale | licence

  • Un terrain d'aventure, c'est une ville à hauteur d'enfant, où se développe l’esprit de débrouille (DIY)
  • Un terrain d'aventure, c'est une action émancipatrice en actes qui répond aussi bien aux effets de la sédentarisation croissante qu'aux enjeux d'écologie (écologie politique ou écologie scientifique ?), de nos rapports avec la « nature »[4],[5],[6],[7] de « LowTech ».
Terrain aventures.png


« Do it yourself (DIY, anglicisme, en français « faites-le vous-même », « faites-le par vous-même », « fait maison », voire « fait à la main » au Québec) désigne à la fois des activités visant à créer ou réparer des objets de la vie courante, technologiques (hacking), ou artistiques, généralement de façon artisanale (bricolage), et un mouvement culturel, notamment musical. »

— Wikipedia, DIY | licence

Définition[modifier | modifier le wikicode]

Définition du point de vue de l'initiative « Classe Dehors ».

Les terrains d'aventures sont des espaces de jeux libres, de constructions, de rencontres, d'échanges. Ce sont des lieux d’accueil en milieu urbain à destination  des enfants et jeunes. Il sont implantés  à proximité des habitations, libres d’accès, gratuits et sans inscription préalable.

Les enfants d’un quartier peuvent venir y jouer, courir, construire une cabane, planter un clou, jardiner, creuser un trou, couper du bois, observer les plantes ou les insectes, grimper aux arbres, rencontrer des copains, créer un monde ou simplement ne rien faire du tout.


Extrait CEMEA- Terrain d'aventure, Angers.jpg


Le maître mot y est: “le jeu libre”: un cadre est posé par des adultes mais il n’y a pas de programmes.  Il y a une liberté de faire, ou ne pas faire.  Les enfants sont non seulement les usagers mais aussi les constructeurs, ils sont l’inverse des aires de jeu sécurisées et  aseptiséesRéférences nécessaires. Ils invitent à considérer le jeu libre et le “faire” comme un mode de pensée et de conception de l’espace en milieu urbain. On s’y confronte directement à la matière et au vivant, on se cogne, on tombe. On y apprend que l’environnement peut être dangereux et on apprend à s’adapter, à évaluer les risques, à faire attention à soi et aux autres

Ajout cette définition particulière[modifier | modifier le wikicode]

Concernant les friches


« Il s’agit d’un « désert » végétal [… qui] affiche tous les dangers associés à ce retour du sauvage dont elle cumule, en les exacerbant, les principaux attributs. En limite de régions, entre prairie et forêt, elle constitue un lieu marginal qui attire des populations marginales : des « gens aux idées pas très claires » et des « bohémiens ». Le jour, le sous-bois, dit-on, est fréquenté par des familles de « bohémiens » qui viennent y prendre le frais en famille. […] Avec la figure du bohémien s’amorce l’idée du retour du sauvage, de la nature inquiétante, de la marginalisation sociale dont cette zone interstitielle est l’expression. »

— Lucie Dupré, Des friches : le désordre social de la nature, Imitation et Anthropologie. 2015 | licence

Emergence[modifier | modifier le wikicode]

Les terrains d'aventure sont apparus  durant la Seconde Guerre mondiale au Danemark et progressivement étendus à différents pays d’Europe, dont la France. Less premiers terrains d’aventure sont basés sur les idées de Carl Theodor Sørensen, un architecte paysagiste danois,  qui  a  observé  que  les  enfants  en  ville  préféraient  jouer  partout  sauf  dans  les  terrains  de  jeux  qu'il construisait. En 1931, inspiré par la vue d'enfants jouant sur un chantier de construction, il imagine « Un terrain de  bric-à-brac »  dans  lequel  « les  enfants  peuvent  créer  et  façonner,  rêver  et  imaginer  une  réalité  ». Leur objectif était d'offrir aux enfants vivant dans les villes les mêmes possibilités de jeu que les enfants vivant dans les zones rurales.

Vign archives-jean-jacques-mathieu-img.jpg

A l'international[modifier | modifier le wikicode]

Au  sortir  de  la  seconde  guerre  mondiale ces espaces se sont développés rapidement en Europe sous divers noms : en Suisse, aux Pays-Bas et en Grande  Bretagne  dès  les années 50, en Allemagne dès  les années 60. En 2004,  il existait plus de 1 000 terrains  d'aventure  en  Europe,  principalement  au  Danemark,  en  Suisse,  en  Allemagne,  aux  Pays-Bas  et  en Angleterre.  Le Japon et les Etats-Unis ont eux aussi mis en œuvre cette approche.

Les terrains d’aventure en France[modifier | modifier le wikicode]

En  France  les   « terrains d’aventure » apparaissent dans les années 60-70, comme des espaces d’éducation populaire, comme celui de Bellevue, à Nantes, ou de la Meinau, dans la banlieue strasbourgeoise, où les enfants réalisent eux-mêmes les jeux grâce aux matériauxde récupération et aux outils  qui sont mis à leur disposition par des éducateurs qui les guident et les accompagnent. Précaires et soumises à la pression immobilière, la plupart des expériences peinent à se pérenniser.

Terrain d'aventure à la Meinau, Images d'archive INA, Mars 1975.

Un retour en France ?[modifier | modifier le wikicode]

Bien qu’oubliés pendant quelques décennies, les terrains d'aventure marquent leur retour, notamment sous l'impulsion des CEMEA dans le Pays de la Loire, en Occitanie ou en Ile-de-France.

[Ouvrage collectif][modifier | modifier le wikicode]

Eté 2020, un terrain d'Aventure à Angers raconté  en mots et en images par les animateurs pour garder trace de cette expérimentation partenariale entre les Ceméa Pays de la Loire,  le Centre Jacques Tati et la Maison de quartier d'Avalix.

Trouver le livre

[Table-Ronde][modifier | modifier le wikicode]

  • D’anciennes et d’anciens animateurs et anciennes animatrices de terrains d’aventures des années 70-80, ainsi que les animateur·ice·s et administrateur·ice·s présent·e·s sur le terrain  d’aventures de Belle-Beille. Ainsi que Gilles Raveneau, anthropologue à Paris Nanterre et Baptiste Besse-Patin, science de l’éducation - spécialiste des terrains d’aventure. Captation audio.
  • Les terrains d’aventures, un outil d’émancipation contre la marchandisation des loisirs ? Avec la participation de : Baptiste BESSE-PATIN et Déborah GENTÈS (Programme de recherche TAPLA), Stéphane BERTRAND et Thomas CHAMPION (Ceméa). Vidéo

[Recherche-action][modifier | modifier le wikicode]

Une collaboration entre éducation populaire, recherche et collectivité à Villiers le Bel pour démontrer l’intérêt et la faisabilité des terrains d'aventure en 2021. Description du projet Tapla est un projet de recherche « Terrains d’aventure du passé/pour l’avenir» (TAPLA) qui entend établir un état de l’art complet, des années 1970 à nos jours, concernant les terrains d’aventure, les formes pédagogiques de plein air qui les ont précédés et celles qui en découlent. Il vise à comprendre l’héritage laissé par ces dispositifs et à vérifier dans quelles mesures ces expérimentations peuvent permettre de fabriquer les espaces urbains pour les enfants, mais surtout par les enfants. Présentation du laboratoire.

Séminaire TAPLA décembre 2021

Perspectives[modifier | modifier le wikicode]

Des terrains d'aventures pourraient être déployés avec l'appui des acteurs de l'éducation populaire partout où ils sont nécessaires. Une mobilisation des friches culturelles et de tiers-lieux en proximité de QPV permettrait d'activer un réseaux de compétences essentielles pour la réalisation et l'animation de ces lieux d'émancipation et d'apprentissage par le faire qui répondent aussi à la sédentarisation croissante des enfants.

Ces terrains d'aventures pourraient également être utilisé dans le cadre scolaire en multipliant les lieux accessibles pour faire classe dehors en ville.

Ressources[modifier | modifier le wikicode]


« Le jardin « naturel » exerce une séduction croissante dans les créations publiques et privées, et lézarde le système longtemps hégémonique du jardin fleuri [Bergues, 2004]. Son succès est particulièrement vif en ville, où il concrétise les idées et les valeurs qui s’attachent aujourd’hui à la nature la plus ordinaire, à ses espèces et à leurs « mouvements » [Clément, 1985 et 1999]. L’adoption de ce style de jardin, parfois désigné comme « sauvage » ou « écologique », va de pair avec l’influence de l’écologie urbaine et du développement urbain « durable », échafaudage complexe et mouvant de notions et de pratiques impliquant les scientifiques, les élus, les mondes de l’aménagement, les associations. »

— | licence

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Friche sur CNRTL
  2. Friche dans le Littré
  3. Friche dans Wiktionaire
  4. Entretien avec le directeur de la Haus der Kulturen der Welt, le philosophe Bernd Scherer « La dichotomie nature-culture n'est plus valable »
  5. Descola « Nous avons compris que les non-humains étaient tout sauf la nature. La nature est un dispositif métaphysique, que l’Occident et les Européens ont inventé pour mettre en avant la distanciation des humains vis-à-vis du monde » écouter aussi, Anthropologie de la nature, leçon inaugurale de Philippe Descola (2020)
  6. Géographie de l’environnement, écologie politique et cosmopolitiques, Denis Chartier et Estienne Rodary
  7. Figuration et défiguration du monde. Avec Philippe Descola (point de vue anthropologique),il est question de nature comme concept provincial et des rapports humain·es non humain·es (et des problèmes d'opposition nature culture et du fétichisme de l'ensauvagement