Historique d’évènements autour de l’Éducation et l’enseignement confronté⋅e⋅s à l’articulation de l’outil, de la technique, de la machine

De Wiki Faire Ecole

A propos[modifier | modifier le wikicode]

Cette page s'inscrit dans le cadre du programme sur le libre et les communs dans l'éducation. Elle recense un historique d'événements - non exhaustifs et à compléter de l'éducation et l'enseignement confronté.es à l'articulation de l'outil, de la technique et de la machine.

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>> Infolettre : https://framaforms.org/inscription-infolettre-pour-du-libre-et-des-communs-dans-leducation-1605792637

Introduction[modifier | modifier le wikicode]

L’école au XXIe siècle, par Henri Avelot dans Le Petit Journal illustré de la Jeunesse, 1905 (extraits). [Via Jean-Noël Lafargue]

L’école au XXIe siècle - Dessin.png

Les vieilles craintes de plus d’un siècle font de bonnes liqueurs pour certain·e·s, et mécanique du mal avec la technique de la peur semble technologie privilégiée de ces personnes − technologie : celle de l’étude des outils et des techniques.

Chronologie[modifier | modifier le wikicode]

C'était mvieux avant[modifier | modifier le wikicode]

Un p'tit coup d'œil par le rétroviseur dans l'histoire de l'enseignement et éducation en France par les moyens de radio-télécommunication

Création de la première section de télévision française à visée pédagogique [1] : 1945


« En 1969, l’ordinateur fête déjà ses 20 ans. Il se démultiplie dans les bureaux, les usines, les administrations. Il est déjà une réalité indiscutable partout dans le monde. Mais cette démocratisation s’accompagne de nombreuses interrogations. Quel monde bâtissons-nous avec cet ordinateur ? Et demain, quel sera son rôle dans nos vies ? »

INA | licence

En bas de rétro du wagon, classe de La Houssaye Beranger (76), en 1974 avec radio et poste écran pour entendre et observer des leçons.

La Radiovision unit l'image en couleurs et le son.


« Dans le même moment, les enfants observent les diapositives projetées sur l'écran et écoutent l'émission de radio qui les commente et leur donne vie grâce à la parole, aux bruits enregistrés et à la musique. En trente minutes, 15 à 16 diapositives se succèdent à un rythme variant en fonction des sujets présentés. Pour recevoir et utiliser une émission de RADIOVISION, il suffit donc d'avoir un poste, un projecteur de diapositives et un écran. Source : « Les temps des instituteurs » »

Guy Dessauw | licence

image d'une classe de La Houssaye Beranger (76), en 1974 avec radio et poste écran pour entendre et observer des leçons. Source : Guy Dessauw

1959[modifier | modifier le wikicode]

1ère thèse française en informatique était soutenue par le nantais Louis Cariou à Rennes[2] (Remerciement à Jean Bezivin pour les informations et image). Il fit son travail de recherche à Nantes et soutenu sa thèse à Rennes car l'Université de Nantes n'existait pas encore.

Couverture de la Thèse 1ère thèse française en informatique était soutenue par le nantais Louis Cariou à Rennes

Après avoir soutenu sa thèse, Louis Cariou a quitté la communauté académique informatique

1961[modifier | modifier le wikicode]

Marion Créhange, considérée comme la personne pionnière de l’informatique en France, soutient sa thèse à l’Université de Nancy depuis sa position d’assistante de l’université de Nancy

1967[modifier | modifier le wikicode]

L’IRIA crée 3 janvier 1967 dans le cadre du « plan calcul » qui deviendra ensuite l’INRIA

1969[modifier | modifier le wikicode]

Création des Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises (MIAGEs)

1982[modifier | modifier le wikicode]

« Le Minitel est actuellement en expérimentation dans le département d'Ille-et-Vilaine. Mais comment fonctionne-t-il ? Présentation en image de cet annuaire qui permet d'interroger tous les numéros du département et bientôt ceux de la France entière. »

INA | licence

1985 Le plan informatique pour tous[modifier | modifier le wikicode]

Le plan informatique pour tous (IPT)[3]


« visait à mettre en place, dès la rentrée de septembre, plus de 120 000 machines dans 50 000 établissements scolaires et à assurer la formation, à la même échéance de 110 000 enseignants. Son coût était évalué à 1,8 milliard de francs, dont 1,5 milliard pour le matériel. Le plan est considéré comme un échec par l’inspection générale et a été abandonné en 1989 »

Wikipedia | licence

1987[modifier | modifier le wikicode]

Consulter les résultats des examens du bac ou du brevet qui étaient publiés sur Minitel et 3614 RAVEL pour choisir son orientation[4]

1988 La télématique à l'École en Creuse[modifier | modifier le wikicode]

26 janvier 1988 Duplex télématique à l’école de Gentioux. Reportage à Gentioux-Pigerolles d'une communication télématique entre les écoliers de la commune et ceux de Budelière. Activité qui a pour but de familiariser les élèves à de nouveaux outils. Les élèves utilisent le minitel, l'ordinateur, des caméras. De plus l'animation est couverte par Radio France Creuse avec son émission « Parlons-en" en direct » directement dans la classe.

1997 Numérique éducatif ?[modifier | modifier le wikicode]

« La Visioconférence est sans doute un des concepts qui va se développer dans les prochaines années, notamment pour l’enseignement. Toutefois le sujet étant vaste et polémique, il ne sera pas développé ici pour le moment. »

INTERNET ou LES FUTURS COMMUNICANTS :-). | licence

Document réalisé par Jean-Yves JEANNAS pour Mme VANOOSTEN, IPR-IA de Technologie. Ce document est un mémoire de stagiaire enseignant à l'IUFM et ne reflète pas l'état de l'informatique dans les établissement, en effet, il n'y a pas encore de connexion internet institutionnelle dans les établissements, et dans le cas cité, l'enseignant utilise sa connexion de chez lui, payée par lui, pour transférer les productions des élèves. Au niveau équipements, il y a souvent une salle "informatique pour tous" avec des TO-7 et des MO-5 à l'état d'abandon et quelques micro-ordinateurs dans les CDI et les salles de Technologie au collège. Étude réalisée en partenariat avec le CRDP Nord-Pas-de Calais, avec la collaboration de M. PUSLECKI, Directeur adjoint


« Lionel JOSPIN a annoncé hier un plan d'action pour faire rattraper à la France son retard en matière d'équipement informatique. Six priorités sont fixées à l'Etat et ce plan passe aussi par un renouveau du Minitel qui pourrait s'ouvrir à Internet »

INA | licence

1998 - Accord cadre AFUL - Éducation nationale[modifier | modifier le wikicode]

L’accord cadre AFUL-Éducation nationale (Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres) de 1998

Accord cadre permettant le développement de l'usage des technologies de l'information et de la communication auprès de l'ensemble des établissements d'enseignement français et des enseignants en ce qui concerne l'emploi des ressources informatiques libres et la disponibilité de ressources commerciales liées à l'informatique libre.

Enseignement élémentaire et secondaire :


« Pour participer à la Semaine de la presse dans l'école Un seul moyen : le minitel, un seul code : 36 14 EDUTEL mot clé presse »

Pour le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie et par délégation, La directrice de l'administration. Hélène BERNARD | licence

2000 - Le B2i : Brevet informatique et internet[modifier | modifier le wikicode]

Coup de tonnerre dans le Landernau (pas encore)numérico-éducatif : le B2i, un véritable référentiel pour former à l'utilisation des micro-ordinateurs. Présenté à l'université d'été de la communication à Hourtin, le premier ministre de l'époque se trompera et dira "B21", preuve de l'implication des gouvernants dans ce presque "non sujet". Heureusement, ce premier ministre instituera par la suite l'accord avec laposte pour créer la messagerie laposte.net mais on ne mettra pas les moyens pour la rendre incontournable, ou plutôt on se fera piéger par Google(tm).

Sauf que :

- Personne n'est formé ni désigné pour le mettre en oeuvre (c'est un peu tout le monde et tout le monde un peu)

- Il n'y a pas de moyens affectés, ni pour la formation des enseignants ni pour la mise en place dans les établissements

- Et cerise (gâtée) sur le gâteau : il n'y a en fait dans ce référentiel que de l'usage "bête et discipliné" des outils, pas de réflexion sur les conséquences de ces usages ni sur la manière dont les outils sont conçus et construits. On va former des "Happy Tax-cliqueurs" et pas des citoyens éclairés...

L'informatique est perçue à l'époque comme un mal nécessaire ("Les mains dans le cambouis, très peu pour moi..." Nous disait-on"). Et la fameuse phrase répétée à l'envie par ceux qui ne sont pas compétents en Informatique mais qui veulent justifier leur place : "On a pas besoin de faire de mécanique pour conduire une voiture !" Mais la voiture a bien changé mon bon Monsieur, elle est connectée et enregistre vos traces numériques pour ensuite décider à votre place et bientôt vous manipuler psychologiquement.

Mais comme toujours, 20 ans après, on apprendra pas de nos erreurs, peut-être parce que l'on a "oublié" de demander conseil aux personnes d'expérience...

2002[modifier | modifier le wikicode]

Toujours du minitel pour « Semaine nationale de la presse dans l'école » dans l'enseignement élémentaire et primaire[5]

2003 et 2004 Open bar Micro$oft[modifier | modifier le wikicode]

Les accords ministériels et Micro$soft pour ouvrir les fenêtres de l’éducation, de l'enseignement et de la recherche


« Le 18 décembre dernier, le ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche s’est engagé dans un accord cadre «à faire tout son possible» pour que les établissements scolaires, ainsi que ses services administratifs, «commandent un minimum de 450.000 licences» d’Office 2003 à Microsoft France, dans les deux années à venir. »

— Frédéric Guillemin pour Zdnet | licence


La circulaire du 11 février 2004 concernant l'usage de l'internet dans le cadre pédagogique et la protection des mineurs présente les mesures à prendre pour « faciliter le travail des équipes pédagogiques, tout en prenant en compte les impératifs de sécurité et la protection des mineurs ». Par un texte adressé aux rectrices et aux recteurs d'Académie Enseignements élémentaire et secondaire − PROTECTION DU MILIEU SCOLAIRE − Usage de l’internet dans le cadre pédagogique et protection des mineurs

2007[modifier | modifier le wikicode]

Usages de l'internet et protection des mineurs : Recommandations du ministère Publié le 01/10/2007

2008 - Googlisation[modifier | modifier le wikicode]

Une enquête de l'Université de Bretagne Europénne (UEB) avec Rennes 1, Rennes 2, Université de Bretagne Occidentale, URFIST, INSA, nommée « ENQUÊTE SUR LES BESOINS DE FORMATION DES DOCTORANTS Á LA MAÎTRISE DE L’INFORMATION SCIENTIFIQUE dans les Ecoles doctorales de Bretagne]


« la domination écrasante des moteurs de recherche comme premiers outils de recherche d’information (à 96 % !), avec la « googlisation » également à l’œuvre chez les doctorants : près de 85 % des doctorants utilisent Google et 37% Google Scholar, les autres moteurs étant largement méconnus ou sous-utilisés » »

— Framablog, Du premier Forum des Enseignants Innovants et du rôle exact de son discret partenaire Microsoft | licence

2010 - Recul du libre dans l'éducation[modifier | modifier le wikicode]



« Mais au début des années 2010, les frictions se multiplient ; la ligne institutionnelle se durcit, au ministère de l’Éducation nationale comme dans tout le pays. En 2012, des organismes publics comme le CRI74 ferment, mettant de facto à la porte d’internet des projets comme la distribution éducative libre Pingoo, les espaces d’échanges et les manuels libres de mathématiques de l’association Sésamath, ou le site Framasoft.net. Le SCÉRÉN devient Canopée en 2014 et voit son pôle logiciel libre disparaître. De plus en plus de professeurs font remonter auprès de nous les difficultés qu’ils rencontrent pour parler du libre à leur hiérarchie, ou à le mettre en œuvre dans leurs établissements. »

— PYG dans Framablog | licence

2014 - Lobbying de Microsoft[modifier | modifier le wikicode]

Vu à la télé : le lobbying de Microsoft à l’école dévoilé dans un documentaire

2015 - Accord du Ministère de l’Éducation avec Microsoft[modifier | modifier le wikicode]

13 millions d’euros seront ainsi investis par Microsoft pour le développement du numérique éducatif  : l’accompagnement des enseignants et des cadres de l’éducation, la mise à disposition de plateformes collaboratives, ainsi que l’apprentissage du code informatique. Cette signature s’inscrit dans le prolongement de la visite à Paris de Satya Nadella, CEO de Microsoft, le 9 novembre dernier, et de sa rencontre avec le président de la République, François Hollande.* » Numérique à l’école : Microsoft France renforce son partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale, Microsoft News

Vie privée des enfants : une protection insuffisante sur les sites Internet


« 29 autorités dans le monde ont mené un audit pour vérifier le respect des règles de protection de la vie privée par les sites internet consultés par les enfants. Cette opération montre que leurs données personnelles sont insuffisamment protégées. »

La Commission nationale de l'informatique et des libertés] (CNIL) | licence

2018 - Numérique en Commun[modifier | modifier le wikicode]

Lors de l'évènement Numérique en Commun à Nantes et au sujet de la médiation avec le rapport « décideurs » actrices et acteurs :


« La forme c’est d’abord un “langage commun” ou une langue d’initiés, avec un vocabulaire et même parfois une grammaire, souvent limités à une liste de mots-clé, une enfilade…Essayons d’interroger ce langage commun :

a/ Il a fonctionné comme une sorte de pidgin, de dialecte de communication entre les activistes de la médiation de la culture numérique et les politiques des différents niveau de Pouvoir.

b/ Il a fonctionné ainsi - son prix le rendait acceptable - comme un langage spécialisé - une novlangue particulière avec une inclinaison, en tout cas difficile à pénétrer pour un regard extérieur, et avec parfois un certain sentiment de hors sol.le langage étant une condition de survie.

Quel est le prix à payer pour l’usage de ce langage ? »

— Alain Giffard restitution | licence

Autre regard


« Dans un pays où l'éducation publique est cruellement sous-financée, il n'y a pas de mystère quant à la raison pour laquelle les enseignants et les districts sont attirés par la technologie et le programme d'enseignement Google, souvent gratuit et bon marché, mais il doit y avoir un calcul honnête de son prix réel et un débat public solide sur la question de savoir si c'est un coût qui vaut la peine d'être payé. » »

Joanna Petrone, The outline | licence

2019 - Les Universités et Google[modifier | modifier le wikicode]

Mars 2019, Université Rennes 1 et Google

Dans le cadre de « Digital Transformer », évènement organisé par l'université Rennes 1 auquel d'autres université et écoles participent, dont le président de l'université Rennes, David Alis, est directeur de la publication : crédit et mentions légales


« La Fondation de l'Université de Nantes et Google ont récemment signé un partenariat pour la promotion de l'enseignement du code et de la pensée informatique, et plus précisément, pour soutenir le projet Class'Code porté par la Chaire UNESCO en Ressources Éducatives Libres. »

— Fondation Université de Nantes | licence

Liste des partenaires de la Chaire UNESCO “ Technologies pour la formation des enseignants par les ressources éducatives libres” voir https://chaireunescorel.univ-nantes.fr/partenaires/ [archive] : Google Edu


« Le cas de Paris 13 est criant : alors que l’université manque considérablement de moyens pour fournir des cours à ses étudiant·es, elle accueille à bras ouvert Google, qui vient gratuitement expliquer aux élèves comment devenir complices de sa surveillance économique de masse (récemment reconnue illégale par la CNIL suite à l’une de nos plaintes collectives). »

La Quadrature du Net | licence

2020 - La place du numérique à l’école relève de la place de l’école dans la société[modifier | modifier le wikicode]

« La place du numérique à l’école relève de la place de l’école dans la société »

— PYG dans Framablog | licence

Et cette société est frappée d'une pandémie de coronavirus.

Confiné⋅e⋅s, abandonné⋅e⋅s, inéquipé⋅e⋅s, épuisé⋅e⋅s, empêché⋅e⋅s, parfois incapables aussi, l'école à distance, l'école en situation de crise, se transforme en enfer.

Le ministre en charge de l'Éducation Nationale lui-même reconnaît avoir « perdu le contact » avec 5 à 8 % des élèves. Sur 12 352 000 écoliers, écolières, collégien⋅ne⋅s ou lycéen⋅ne⋅s, soit entre 600 000 et un million d’élèves « perdu⋅e⋅s ».

Pire encore, cette situation donne froid de le dos.

Covid à l'école, l'omerta et le déni Par Christian Lehmann, médecin et écrivain

Le collectif « Du Côté de la Science » demande au gouvernement de ne pas abandonner les écoles et de protéger les enfants, les familles et les personnels de l’éducation.

Avril 2020 mise en place une plateforme d'outils libres pour l'éducation nationale lors du [mis en place une plateforme d'outils libres pour l'éducation nationale lors du 1erconfinement.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Le service public audiovisuel français face à sa mission éducative : l'épreuve numérique. Frédéric Marty. Dans Les Enjeux de l'information et de la communication 2013/2 (n° 14/2), pages 149 à 159 https://www.cairn.info/revue-les-enjeux-de-l-information-et-de-la-communication-2013-2-page-149.htm#
  2. Trois mille ans d’informatique, 23.09.2016, par Martin Koppe. Journal du CNRS https://lejournal.cnrs.fr/articles/trois-mille-ans-dinformatique#:~:text=En 1961%2C la première thèse,au cours d’une génération
  3. Le plan « Informatique pour tous » Jacques Baudé https://www.societe-informatique-de-france.fr/wp-content/uploads/2015/04/1024-5-baude.pdf
  4. 3614 Ravel, tous les lycéens connectés, moins d'étudiants élus Par Philippe ROCHETTE — 21 mars 1995 Libération
  5. ENSEIGNEMENTS ÉLÉMENTAIRE ET SECONDAIRE − ACTIVITÉS ÉDUCATIVES. Semaine nationale de la presse dans l'école. CIRCULAIRE N°2001-194 https://www.education.gouv.fr/botexte/bo011018/MEND0101687C.htm